L’interdiction d’UberPop, Heetch et Djump : Un gouvernement à genoux face au lobby.

LETTRE OUVERTE AU PRÉSIDENT DE LA REPUBLIQUE ET AU GOUVERNEMENT.

UberHeetchDjump

Monsieur le Président de la République, Monsieur le Premier Ministre, Monsieur le Ministre de l’Intérieur, Monsieur le Ministre de l’Economie,

Ce soir, vous avez demandé à la Préfecture de Paris de prendre l’arrêté interdisant UberPop, Heetch et Djump.

Vous le savez, et les français ont bien dû le comprendre : ce soir, vous n’avez pas décidé de défendre l’intérêt général mais celui d’une corporation. Vous invoquez le maintien de l’ordre public pour justifier cette interdiction. Vous avouez en réalité avoir plié à la violence, à la loi du plus fort : à l’intimidation.

Permettez-nous de vous dire, Monsieur le Président, Messieurs les ministres, que votre interdiction ne changera rien. Elle ne changera rien, car seules les méthodes dignes des dictatures pourraient techniquement nous contraindre à désinstaller ces applications de nos smartphones.

Non, cette interdiction n’aura aucun effet.

Des millions de français n’ont jamais eu les moyens de prendre un taxi car ceux-ci étaient trop chers. Aujourd’hui, UberPop et Heetch permettent à des étudiants, des chômeurs, des « pauvres », en somme, de se déplacer à moindre coût, de manière sûre et efficace. Mieux encore, ces applications permettent à des citoyens de sortir de leur misère, de joindre les deux bouts, voire de se réinsérer, en conduisant quelques heures par semaine des clients.

Il fallait donc que vous l’interdisiez, pour éviter une concurrence à une corporation que vous avez depuis trop longtemps surprotégée. Une concurrence que les taxis avaient pourtant bien méritée, car leur monopole leur donnait le droit de ne pas satisfaire les exigences de leurs clients : les réseaux sociaux l’ont amplement montré.

Une étude a démontré qu’à Londres, les « pauvres » voyageaient davantage en taxi que les riches. Inutile de préciser qu’à Paris c’est le contraire : les « pauvres » ne peuvent – ou plutôt, ne pouvaient – pas se payer une course. Vous prétendez agir pour les plus démunis, mais vous choisissez pourtant que cela reste ainsi.

Vous prétendez lutter contre le chômage mais vous préférez défendre aveuglement une corporation qui empêche des dizaines de milliers d’emplois qui pourraient voir le jour. En 1930, Paris comptabilisait 14 000 taxis ; aujourd’hui, on en compte moins de 20 000 alors que sa population a triplé et que la demande en mobilité a en outre explosé.

Mais vous avez choisi : les privilèges des taxis valent plus que ces nouveaux emplois.

Par ailleurs, Heetch et Uber sont utilisés par des jeunes qui ne peuvent pas se payer une course de taxi pour rentrer chez eux après une soirée. Ceux-là ne conduisent plus leur véhicule sous l’emprise de l’alcool. Ces applications sont donc un moyen efficace de prévenir de stupides accidents de la route.

Aussi, nous voulons vous dire combien le message que vous envoyez aux startups françaises, aux entrepreneurs, et à tous les jeunes qui prétendent à la réussite est mauvais. En interdisant Heetch, une startup française, vous prévenez tous les créateurs, qu’en France, il n’est pas autorisé d’innover au risque de concurrencer une corporation intouchable. Vous contredisez au passage tous vos discours sur le formidable avenir de la « French Tech ». Comment les institutions, l’école et les universités, après cette décision, pourront-elles encore encourager les jeunes à créer et innover, bousculer et changer le monde ?

Vous avez cru pouvoir éradiquer le problème par la loi, faute de savoir l’adapter : vous vous trompez. Uber, Heetch, Djump et les autres vont continuer à exister car elles sont devenues le symbole d’une liberté de choix auquel le consommateur ne renoncera plus.

Malgré tout notre respect pour vos fonctions, vous avez manqué de courage. Vous avez cédé, encore une fois, à l’intérêt particulier d’une profession, qui sous prétexte d’être réglementée, ne veut faire l’objet d’aucune réforme, et ce au détriment de l’intérêt général et du pouvoir d’achat. Vous avez voulu faire respecter la loi sans jamais vous interroger sur sa légitimité ; or, la loi doit s’adapter aux attentes des citoyens et non pas être garante d’un immobilisme asphyxiant toute concurrence. Beaucoup de Français se sont exprimés, vous ne les avez pas écoutés. Face aux comportements violents des chauffeurs de taxi, beaucoup ont déclaré qu’ils ne prendront plus jamais de taxis. Les français ne sont pas si faibles face aux monopoles qui abusent d’eux.

Olivier M, conducteur UberPop et étudiant à l’IEP de Lyon

Étienne Pichot Damon, Étudiant du Master Altervilles

Auteurs du blog Transports Libres Fondateurs de l’association live-Car

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L’interdiction d’UberPop, Heetch et Djump : Un gouvernement à genoux face au lobby.

24 réflexions sur “L’interdiction d’UberPop, Heetch et Djump : Un gouvernement à genoux face au lobby.

    1. Lietseu dit :

      Et donc tu tombera aussi bas qu’eux !
      Ils ont démontré de quoi ils sont capables, en s’attaquant aux chauffeurs et aux clients de Uber… Au lieu de partager les courses avec les autres chauffeurs et de faire la grève pour obtenir une révision de leurs statuts et de faire diminuer les impôts dont ils sont écrasé. Ils manquent de vision à long terme et accusent leurs « collègues  » de tout les maux.Pour avoir été chauffeur de taxi, je sais que c’est un métier difficile où il est quasi impossible de gagner sa vie en restant honnête. Tout le système d’exploitation est CORROMPU et en fait, toute la machine (à tous les niveaux) est pourrie…

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    1. Lietseu dit :

      Cet article est remarquable, la vérité sur les réalités de la vie des chauffeurs de taxi, tout le système est aux mains de gens qui ne travaillent plus depuis longtemps et si il y a une preuve que ces chauffeurs sont exploités, elle est écrite noir sur blanc dans cet article… Notez également que le métier de taxi est un des rares,où les gouvernements (Français et Belge) trouvent normal que des hommes et des femmes travaillent 12heures sans que cela pose question…. Curieux non? Si vous ajoutez à cela qu’ils travaillent 6 à 7 jours semaine, vous comprendrez leur exaspération et leur désir de remettre les pendules à l’heure. Uber est en somme le gravier dans la chaussure et pas du tout la vraie cause de leurs soucis, relisez cet article avec attention et demandez vous si nous avons jamais quitté le système d’exploitation féodal ! Même la classe moyenne n’a plus les moyens de payer un taxi, les courses sont chères, il faut bien payer les services radio, le remboursement du prêt pour la licence, le carburant, les primes d’assurances,et j’en passe….

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  1. fanthomas dit :

    Je peux me tromper (c’est sans probablement le cas d’ailleurs) mais je doute que la décision du gouvernement ai un quelconque rapport avec le lobby du taxi. Ce qui met le gouvernement à genoux selon moi, c’est l’idée d’avoir une croissance positive tout les ans.

    Cela sous entend qu’il faut générer plus de valeur chaque année, dans tout les domaines (taxi compris) par rapport à l’année passée.

    Le problème que pose Uber au gouvernement ne concerne pas directement les taxis, le prix de la course ou le nombre de taxi par habitant ; il concerne surtout la valeur des licences de taxi.
    Une licence de taxi coûte aujourd’hui environs 250 000 euros. Ce prix augmente chaque année depuis la création de ces licence (il coûtait 30 000 francs en 1970)

    Ce prix ne peut qu’augmenter car il y a un nombre limité de licence pour une population en constante augmentation. Il y a donc de plus en plus de demande pour de moins en moins d’offre ce qui aboutit chaque année à de la création de valeur à partir de rien (d’autre que la démographie).
    Et ça, c’est bon pour la croissance ! C’est ce genre de chose qui nous permettent de générer des points de croissance chaque année.

    Si la solution Uber se généralise, la valeur des licences de taxi vont retomber à zéro.
    Rien que pour Päris, cela répresente une baisse de PIB de 15 000 (taxis) x 250 000 (euros par licences) = 3 750 000 000, soit presque 4 milliards d’euros.

    Forcément, si ça arrivait, les détenteurs d’une licence de taxi exigerait un remboursement de leur licence – vu le prix de la licence, difficile d’imaginer le contraire –

    Perdre 4 milliard d’euros de PIB quand on veut conserver une croissance positive, c’est compliqué (et encore, je ne parle que de Paris)

    Ceci étant dit, cet objectif de croissance perpétuellement positive est absurde. Une refonte du système est nécessaire mais je doute que ça se fasse dans la paix

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    1. Dorian dit :

      ça aurait pu être ça, mais tu oublies une chose, la licence des Taxis est gratuite, l’Etat l’a distribue gratuitement mais il y a des années d’attente, donc ce sont les Taxi et les groupes qui les dirigent qui se la revendent entre eux.

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  2. DGT dit :

    @Dorian même si c’est les taxis qui se la revendent entre eux, la vente de ces licenses participent au PIB et donc à la croissance. Du coup si leur valeur passe de 250 000 € à 0 € (ce qui ne sera surement pas le cas) c’est comme si 4 milliards d’euros disparaissaient de la France.

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    1. Baboulinet dit :

      Depuis quand de la spéculation sur quelque chose d’immatériel et inutile (ne créant aucune valeur ajoutée), crée de la richesse ?
      Comparé à la création de milliers d’emplois, impliquant (forcément) baisse, aussi minime soit-elle, du chômage, mais également petit boost pour la mobilité des gens ? Le tout impliquant en toute logique une hausse de pouvoir d’achat et de consommation des français.

      A chaque fois qu’une innovation provoque le déclin d’une corporation/industrie, on crie au désastre économique. Mais il a été prouvé depuis l’aube de l’histoire que chaque évolution technologique entraînant la suppression d’un emploi, en crée au final le double.

      Ces 4 milliards d’euros ne participent en aucun cas à la croissance, étant donné que cela ne représente aucunement une création de richesse, mais bien une immobilisation qui se garde ou se revend, tel un patrimoine, dans des poches privées.

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  3. Jurgen DEBALD dit :

    Cher Olivier, cher Etienne !

    Désolé, toujours pas d’accord avec vous sur ce point. Même de moins en moins…

    Si un progrès technologique génère un recul de civilisation, on a le devoir d’être plus différencié, d’aller plus au fond des choses que vous ne le faites dans cette ‘lettre ouverte’ bien caricaturale. Vous avez des têtes bien faites, trop bien pour tant de simplifications et de raccourcis…

    Progrès technologique vs. recul de civilsation
    L`application Uber, devenue possible grâce à la généralisation des smartphones, est indéniablement un sacré progrès technologique et simplifie très nettement le contact entre chauffeur et client. Géolocalisation, paiement de la course via l’application, notification bidirectionnelle (chauffeur ET client) – c’est évidemment bien fait. Fluide et élégant.
    Est-ce que le prix à payer pour ce progrès, pour cette flexibilité est la généralisation du modèle des auto-entrepreneurs ? Est-ce que du coup le résultats de plus de 100 ans de luttes syndicales qui ont abouti à des multiples systèmes de solidarité organisée (comme l’assurance chômage, l’assurance maladie, le code du travail …) est-ce que tous ces systèmes sont à sacrifier pour plus de flexibilité, moins de « coût » (Ce sont les économistes les plus libéraux qui considèrent le prix de la solidarité comme un coût insupportable…).
    A mon sens, cette individualisation des gains, mais aussi des risques inhérents à la vie est un recul de civilisation.
    Et je ne pense pas que vous songez sérieusement que la généralisation des ‘petits boulots précaires’, même dans l’ère numérique, soit un modèle de société. Bosser à midi chez McDo, faire un peu de Uber l’apres-midi et en soir, louer son apart via Airbnb et dormir chez un copain – cela peut aider pendant les études ou dans une période de chômage. Mais je ne veux pas vivre dans une société de precarisation permanente, avec la misère nécessaire que cela entraîne (et je le dis aussi en tant que petit patron avec presque 30 CDIs).

    Ceci dit, il est évident que le comportement violent ces derniers jours de quelques chauffeurs de taxi, surexcités et un peu bas du front, est totalement inacceptable. Mais il s’agit bien de quelques dizaines ou peut-être centaines de personnes et non des 17 000 chauffeurs taxi de Paris. Ce que vous oubliez de mentionner, car la caricature passe mieux que la nuance.

    Il est aussi évident, que la réaction du gouvernement n’est pas à la hauteur, qu’il est visiblement dépassé par la situation. Seulement, vous oubliez de mentionner, que cela dure depuis 30 ans, qu’aucun gouvernement s’attaque sérieusement à ce problème. Et qu’il n’est pas évident de sortir une solution miracle du chapeau, surtout sous la pression de Uber (une entreprise dont la valorisation boursière semble approcher le 50 milliard de $) qui essaie de dicter l’agenda. Ne pas oublier : Uberpop, qui est à l’origine de cette escalade, n’existe que depuis 9 mois.
    (Un excellent commentaire sur l’immobilisme français à l’exemple des taxis de Thomas le Grand est ici : Uber et les taxis :face à face de deux caricatures / France Inter. Une des phrases-clé de cet excellent édito : « Uber-pop est à Blablacar (en terme de covoiturage) ce que Jérôme Cahuzac est à Jean Jaurès (en terme de socialisme)… un dévoiement, un détournement. »
    (Vous avez probablement noté, que Uber, né à San Francisco, a été condamné en Californie récemment à salarier les chauffeurs Uber. Avec ses nombreux avocats, Uber a bien évidemment fait appel de ce jugement, pour continuer à jouer la montre et créer autant que possible des ‘faits accomplis’, pour être dans un rapport de force favorable dans le conflit « Uber vs les droits sociaux ».

    En France, il n’est pas autorisé d’innover !?
    Mais cela, vous ne voulez pas le voir. Vous préférez la caricature (voire la démagogie) avec des phrases comme celle-ci : « vous (…le gouvernement) prévenez tous les créateurs, qu’en France, il n’est pas autorisé d’innover au risque de concurrencer une corporation intouchable. »
    Quel baratin !…
    Blablacar n’existe plus ? (La société française est leader de son domaine et s’exporte bien). Ou encore ouicar ou drivy (location de voiture en p2p) ou encore recylivre.com (valorisation de livres d’occasion avec emplois d’insertion et plus-value humanitaire).
    Non, chers amis, ce n’est pas parce qu’on écrit au président qu’il faut tomber dans les pires travers de la langue de bois. La réalité est tout autre : en France existe une culture très vivante d’entreprises innovantes qui développent des modèles de partage malin. Payants ou pas payants. Votre propre initiative live-car de covoiturage autour de Lyon en est un exemple.

    Les Veuves et les Orphelins…
    Mais votre élan vous emporte – vous cherchez la posture du défenseur de veuves et des orphelins, pardon, des « pauvres » qui – via Uber – trouvent à la fois la mobilité pour pas cher et un petit boulot pour faire face à la crise (petit boulot qui va possiblement s’avérer bien moins rémunérateur une fois toutes les charges déduites – si toutefois les chauffeurs se déclarent). Vous oubliez que dans toutes les villes, ou Uber s’implante, existe un autre moyen – pratiquement gratuit – de mobilité urbaine : le Velib et autres Velov… (Qui d’ailleurs ne participe pas au réchauffement climatique, pour ouvrir un peu le débat…). Et je doute fort, que quelques centaines ou milliers de chauffeurs Uber ont un impact mesurable sur le chômage. Cet « argument » qui sonne si noble est en réalité simplement creux. Cela n’empêche pas qu’un travail comme chauffeur Uber peut améliorer temporairement une situation individuelle, comme c’est visiblement le cas pour vous.
    Vos études vous donnent les armes pour faire la différence entre un problème de société et une situation individuelle. De lever la tête et regarder plus loin. D’évaluer des conséquences, d’apercevoir des trajectoires. Alors faites-le et ne restez pas dans la posture – même si elle vous garantit momentanément cet echo médiatique dont vous bénéficiez. C’est juste un feu de paille, ne vous laissez pas éblouir. Vous valez mieux que cela.

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    1. Aymeric B dit :

      « Et je ne pense pas que vous songez sérieusement que la généralisation des ‘petits boulots précaires’, même dans l’ère numérique, soit un modèle de société. Bosser à midi chez McDo, faire un peu de Uber l’apres-midi et en soir, louer son apart via Airbnb et dormir chez un copain – cela peut aider pendant les études ou dans une période de chômage. Mais je ne veux pas vivre dans une société de precarisation permanente, avec la misère nécessaire que cela entraîne »

      Je ne sais pas comment je vais arriver à dormir avec le fou rire que ce passage m’a donné.
      A un moment donné, il faudrait prendre conscience de la situation actuelle. Quand des millions de personnes s’opposent à des arguments, même bien présentés, il faut se poser des questions. C’est bien de connaitre la théorie, encore mieux de vivre la pratique.

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    2. Alain dit :

      Tout ce que vous écrivez est parfaitement juste. UberPop, intrinsèquement et de par la nature du service proposé, c’est la généralisation du travail au noir, la création de revenus sans paiement des charges sociales et fiscales correspondantes, et la généralisation des petits boulots sans aucun statut. Il en irait autrement si UberPop fournissait des contrats de travail à ses chauffeurs. Je ne défends pas les taxis que je suis incapable d’emprunter tellement c’est onéreux, mais je ne défendrai pas non plus un recul majeur de société.

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  4. laurent dit :

    Au risque de me faire un peu l’avocat du diable, les taxis sont certes des cons (pour la plupart), ils ont un service déplorable et hors de prix… Bon, c’est un fait établie et partagé de tous, pas de soucies. Mais ce sont aussi des gens qui ont de gros crédits qu’ils vont payer à vie. Uber et les autres, signifie la ruine pour ces gens là. LA RUINE, pas une simple baisse de chiffre d’affaire, non, la ruine… Ils sont 20 000 à Paris, trouvez-vous normal de ruiner 20 000 personnes du jour au lendemain, comme ça, d’un simple claquement de doigts ? Certes il faut ouvrir la concurrence et ce monopole est déplorable, comme tout les monopoles d’ailleurs, mais je ressent au delà de la connerie de ces chauffeurs, un profond désespoir qu’il me semble important de respecter et d’entendre. Je précise que mon frère était chauffeur de taxi Parisien et que je l’ai vu trimer 10 à 12h par jour pour faire moins d’un smic par mois. A par ça, je n’aime pas plus que vous les Taxis à Paris ou ailleurs, ils sont avec les ambulanciers et les chauffeurs de bus l’élixir de la connerie humaine… Mais bon, ils ont aussi des femmes et des enfants.

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  5. Hadrien dit :

    Cui bono… Comme d’habitude, la vraie question est de savoir à qui profite le crime?!
    Au final, comment peut-on évacuer l’idée d’une collusion entre la G7 et nos dirigeants…?

    Quand on sait que :

    – cette compagnie détient un quasi monopole sur l’activité (près de 50% des véhicules)
    – qu’elle a été fondée par André Rousselet (et dirigée aujourd’hui par son fils),
    – que c’est Jean-Jacques Augier (ENA promo Voltaire, comme F. Hollande dont il sera d’ailleurs le trésorier de campagne en 2012) qui en assuré la direction de 1987 à 2000,
    – que F.Mitterrand a toujours eu des liens avec la G7 (d’autres diront qu’il avait des parts…) et qu’il avait pour trésorier de campagne un certain… André Rousselet,

    … l’on ne s’étonne plus des réactions épidermiques du gouvernement (de copains) qui nous dirige !
    Le numerus clausus des licences de taxis ne sert que la G7. L’état n’y gagne plus rien (hormis des droits de mutation lors d’une cession…) et laisse – par connivence – la maîtrise du marché à cette société privée.

    Un excellent article de 2013 nous éclaire sur G7 : http://blogs.mediapart.fr/blog/philippe-ries/290813/le-taxi-parisien-parangon-de-la-francitude

    En gros, je trouve que ce débat est biaisé par les intérêts de nos politiques qui, en toute impunité, vont une fois de plus sauver leurs copains (et peut être même leurs comptes).

    Au début des années 1990, lorsque le CD a commencé à débarquer dans les bacs, personne n’a sauvé les fabricants de cassettes audio…
    Au début des années 2000, quand le format mp3 est arrivé, personne n’a sauvé l’industrie du pressage de CD…
    Ce sont les entreprises elles-mêmes qui ont mis la clef sous la porte ou se sont réorientées !

    Malheureusement, nos taxis – coincés par ces fichues licences et par un mac’ comme G7 – ne peuvent se réformer d’eux-mêmes : ils sont voués à l’esclavage et nous une baisse constante de la qualité des prestations…

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  6. Sylvain dit :

    Interdire Uber n’est pas une solution.

    Il me semble que, si l’application disparait des différents stores, à la première mise à jour du smartphone, l’application disparaitra également.

    Sur les barrières à l’innovation, en contradiction avec le label French Tech notamment, je suis parfaitement d’accord.

    En revanche, je ne suis pas aussi sûr que vous, Olivier et Etienne, que Uber permette de créer de l’emploi.

    Vous le dites vous mêmes «[…] ces applications permettent à des citoyens de sortir de leur misère, de joindre les deux bouts, voire de se réinsérer, en conduisant quelques heures par semaine des clients.»

    Quelques heures par semaine. On ne crée pas de l’emploi. Le chômeur reste chômeur. Uber lui permet de survivre mais pas de vivre, a mois de travailler 12 heures par jour. Est-ce ça l’avenir ? Travailler 12h par jour ? Ou bien ne plus avoir un métier mais avoir des métiers : Uber le lundi, LeBonCoin de mardi, Hellocasa le mercredi, Supermarmite le jeudi, Zylok le vendredi et Airbnb le weekend…

    Interdire Uber n’est pas une solution. La concurrence est bonne pour le consommateur.
    Racheter les licences des taxis et autoriser Uber serait la meilleur solution pour accompagner les artisans taxis dans la réforme de leur profession, tout en laissant les jeunes entrepreneurs (Uber et autres) développer la French Tech !

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  7. Bizarre dit :

    Étonnante absence de mise en perspective du sujet de la part d’étudiants en science po et en master. Le sujet n’est vu que sous l’angle du transport ! Bien sûr sous cet angle, uberpop, Heetch,djump et les autres sont fantastiques. Imposer aux chômeurs de tirer des charrettes à bras pour transporter gratuitement leurs semblables serait même encore mieux ! Cette idée là vous choque ? C’est pourtant quasiment la même. La seule différence c’est qu’elle est poussée un tout petit peu plus loin … et que de fait le drame social et sociétal qu’elle contient devient perceptible.
    Toutes ces applications, toutes ces initiatives sont formidables mais contiennent les germes d’une société que nous ne devons pas accepter au risque de voir apparaître demain des uberjob qui permettront de trouver de la main d’œuvre à l’heure, corvéable à merci sans aucun respect de quelque droit que ce soit. Le chômage explosera et on trouvera des millions de pauvres pour nous dire que ces services sont très bons, qu’ils leur permette de travailler et de gagner un peu d’argent … En oubliant que ce sont ces services qui les ont mis au chômage.
    Je crains qu’on trouve aussi des étudiants en science po et en master pour écrire que ces services sont fantastiques parce qu’ils permettent de réduire le coût du travail …

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  8. Marianne dit :

    parfaitement clair. Uber est une MULTINATIONALE, 50 millards en 9 mois ! Ca pue. Il est imbécile de croire qu’elle pense à ses pôv gens qui ne savent pas se payer un taxi. Elle est là pour encaisser 20% de ce que gagne l’étudiant sans cervelle qui croît qu’il gagne sa vie. TOUS les Uber sont là pour faire du fric et rien d’autres.
    Nous nous sommes battus en France et en Belgique pour un minimum de droit social. Je n’aimerais pas que des étudiants de Science Po foute par terre ce qui donne encore un semblant de solidarité dans cette société du chacun pour soi.
    Il faut être naïf pour ne pas voir que cette uberisation de la société ne va pas s’attaquer qu’au chauffeur de taxi. Toi aussi, petit étudiant sans expérience de vie, tu seras remplacé plus tard par un Uber. C’est contre ça qu’il faut se battre.

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